Place Saint Anne Rennes

S’immerger à Rennes quelques jours et faire le choix de s’y installer

De Paris à Rennes en passant par Bali.

Alexis Minchella a quitté Paris pour s’installer à Rennes en septembre 2020. Copywriter freelance pour des entreprises BtoB et créateur du podcast Tribu Indé, il est aussi l’auteur du livre « Freelance : l’aventure dont vous êtes le héros ». Ancien étudiant de Rennes, il est revenu dans une ville transformée.

D’où êtes-vous originaire ? Quel est votre parcours ?

Je viens de Clamart dans les Hauts-de-Seine, où j’ai passé mon enfance et effectué toute ma scolarité. J’ai passé un DUT Techniques de commercialisation à Paris Descartes avant d’intégrer Rennes School of Business. Pendant mon année de césure, je suis parti en échange à Macao (Chine) et j’ai fait un stage à La Défense dans un cabinet d’audit et de conseil avant de revenir à Rennes pour terminer mes études. En 2017, j’ai créé mon auto-entreprise et j’ai commencé à travailler comme freelance. J’ai ensuite intégré une start-up parisienne en tant que content manager, avant de faire le choix de m’installer à temps plein comme copywriter freelance (rédacteur publicitaire) fin 2018. J’ai donc quitté ma boîte mais je suis resté à Paris quelque temps car tout mon réseau et mes clients étaient parisiens.

Jusqu’à ce que l’on décide, ma copine et moi, de partir en Asie début 2020 pour travailler quelques mois en total remote (à distance). Nous avons lâché notre appartement à Paris et nous avons posé nos valises à Bali en Indonésie. Nous devions poursuivre au Vietnam ou en Thaïlande mais la crise en a décidé autrement…

Nous avions fait le choix de ne pas revenir à Paris après cette expérience en Asie. Nous souhaitions changer de cadre et gagner sur le coût de la vie. Et puis, je n’avais même pas le temps de profiter des avantages de cette ville, je travaillais beaucoup. Alors c’est à Rennes que nous avons choisi de nous installer durablement.

Pourquoi le choix de Rennes ?

D’abord, je connaissais la ville en tant qu’étudiant et déjà, je la trouvais très dynamique. Je voyais le changement qui se poursuivait avec de nouveaux projets immobiliers, des rues qui se transformaient… Nous avions regardé du côté de Bordeaux, de Lille, de Nantes aussi mais nous revenions toujours à Rennes. Une ville à taille humaine qui nous permettait de nous installer dans un appartement plus grand avec des tarifs immobiliers qui n’ont rien à voir avec les prix parisiens : j’ai une pièce dédiée à mon bureau, c’est un luxe que je n’avais pas à Paris. Ce nouveau cadre de vie nous permet de vivre plus sereinement. Je n’ai pas pris une seule fois le métro depuis que je vis à Rennes. Je fais tout à pied ou à vélo !

Quels sont selon vous, les atouts de la métropole rennaise, professionnellement d’abord, et personnellement ensuite ?

Professionnellement, sans nul doute, la LGV qui me permet d’être à Paris en 1h25. C’est un énorme atout, je fais beaucoup de déplacements à Paris, à la journée.

Personnellement, c’est tout simplement le cadre de vie. Avoir un grand appart, pouvoir se déplacer à pied ou à vélo facilement parce que Rennes est une ville à taille humaine. Elle permet la cohabitation entre les voitures, les scooters et les vélos. Ce n’est pas anarchique comme à Paris. S’y ajoute le fait de pouvoir aller à Saint-Malo le week-end, en moins d’une heure. Et puis j’aime bien la Bretagne, son côté cool et accueillant.

Comment la ville a-t-elle évolué depuis votre départ en tant qu’étudiant ?

Nous habitons à Jacques Cartier. A l’époque où j’étais étudiant, c’était le quartier sud gare et il n’était pas très attrayant. Il a bien changé, comme tout le quartier autour de la gare d’ailleurs. Il s’est beaucoup modernisé, de nouveaux commerces s’y implantent. Il est donc plus attractif qu’avant. Et c’est un quartier calme, vraiment très chouette pour y vivre.

Vous êtes indépendant. Quels lieux ou structures conseillez-vous pour les freelances à Rennes ?

De mon côté, j’ai identifié le Whoorks, en plein cœur du nouveau quartier d’affaires EuroRennes près de la gare, mais aussi d’autres espaces de coworking comme La Cordée ou un nouveau lieu rue de la Monnaie, La Maison du coworking. En fait, les structures ne manquent pas mais Rennes n’a pas forcément de réseaux de freelances. Personnellement, j’y ai vu l’opportunité d’en créer un. Il existe des micro-communautés mais pas d’événements mensuels où l’on va parler de freelancing. Bien sûr, en pleine crise sanitaire où l’on évite de se réunir, c’est plus compliqué. D’autant plus qu’on va très probablement vers une augmentation du nombre de freelances en France. Toutes proportions gardées bien sûr : le salariat reste la norme mais on tend probablement davantage vers des modèles hybrides salarié et freelance.

Quelles sont vos meilleures adresses à Rennes ?

Ma vision est un peu faussée à cause de la crise sanitaire, des lieux de vie fermés depuis plus d’un an. Mais j’aime beaucoup la médiathèque Les Champs Libres, son bâtiment très lumineux et agréable pour travailler lorsque j’étais étudiant. Côté resto, je dirais Les Frangins, place de Bretagne pour le cadre, le personnel hyper sympa et un bon rapport qualité-prix. Un café pour travailler ? Albertine, rue Comté de Lanjuinais, où l’on peut déjeuner et y bosser tranquillement avec un café sans que l’on te presse pour partir, comme à Paris.

Du côté de mes loisirs, comme tout est fermé, je me suis remis à la course à pied. Soit dans un parc, soit le long de la Vilaine, c’est très facile.

Que diriez-vous à une personne qui hésite à faire le pas, de Paris ou d’une grande métropole ?

Il faut venir passer un week-end ou quelques jours en semaine dans chacune des villes qui vous intéresse et tester les différents quartiers, pour réaliser en direct si on se sent bien dans cette ville ou pas. Moi, je me balade sans carte, dans le centre-ville et aux alentours, je me perds un peu, je découvre des atmosphères. Je me suis immergé à Rennes et cette expérience vaut tous les discours du monde.

Découvrez le livre d’Alexis Minchella – « Freelance, l’aventure dont vous êtes le héros » aux éditions Eyrolles – et son site web tribuinde.com.

(Propos recueillis par Sabrina Rouillé. Crédit photos : Alexis Minchella)

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