Klaxoon à Rennes

Matthieu Beucher, héraut du collaboratif

Portrait du dirigeant de Klaxoon

Finies les réunions barbantes et soporifiques ! Rencontre avec Matthieu Beucher, fondateur et dirigeant de Klaxoon, la start-up qui rend les rencontres professionnelles intéressantes et productives.

Matthieu Beucher, Klaxoon

Les bonnes idées ne naissent pas par hasard. Certaines ont des racines profondes. La solution imaginée par Matthieu Beucher, qui révolutionne l’animation des réunions, est de celles-là. Son passage professionnel dans l’industrie a assurément incité le jeune diplômé de l’ENSSAT de Lannion à trouver une parade aux réunions barbantes et stériles : « quand on sait qu’un salarié passe en moyenne 16 ans de sa vie professionnelle en réunion, on se dit qu’on ne peut pas continuer à gâcher tout ce temps… » Mais les expériences menées en classe, ado, y sont peut-être, aussi, pour quelque chose : « En 3ème, je m’amusais à relier les copains avec ma calculette », s’amuse le Rennais. Matthieu Beucher est aujourd’hui à la tête d’une start-up qui emploie 200 collaborateurs, est implantée à Rennes, Lyon, Paris, New York, compte 5000 clients et plus d’un million d’utilisateurs dans 120 pays, vient de s’allier à Microsoft, « un partenariat unique au monde ». Une ascension fulgurante, en moins de 4 ans. Les USA ? « On ne pouvait pas passer à côté d’un marché qui a créé les grands champions de la transformation digitale qui s’annonce. Il y a là-bas une appétence forte pour nos produits : dès notre création, nous y avons obtenu des prix. » Tout juste sortie du CES Las Vegas, l’équipe de Klaxoon entame d’ailleurs, en truck, une Team Work Tour américaine à la rencontre des utilisateurs de sa plate-forme et de ses futurs clients, « pour accélérer la révolution des réunions. Klaxoon ne pourra être grande en étant uniquement française. »

Klaxoon à Rennes

Rennes, « un territoire où il fait bon vivre »

L’Amérique, ses grands espaces, ses villes démesurées, ses entrepreneurs, c’est quelque chose. Mais la Bretagne, c’est pas mal non plus. Matthieu Beucher y a grandi et étudié. Il a passé un master sur l’intelligence artificielle en Allemagne, fait ses premiers pas professionnels outre-Rhin puis à Dijon. Et est revenu au pays. « La Bretagne et la mer me manquaient », avoue-t-il. C’est à Rennes qu’il a créé Regards, sa première entreprise de services en informatique, puis Klaxoon, en mars 2015. « Notre idée de transformer les réunions a fait sourire, se souvient-il. On nous a pris pour des farfelus. Notre envie de créer notre société à Rennes, loin des centres de décision, n’a pas arrangé les choses. Il y a encore quelques années, faire carrière en dehors de Paris était pour beaucoup inconcevable. Qu’importe les remarques, on avait un beau produit, et on savait ce qu’on voulait : lier vie professionnelle et vie privée, ne pas sacrifier l’une pour l’autre. » L’histoire a donné raison au dirigeant : « en 2019, à Rennes, on peut avoir une carrière excitante. C’est un bassin riche de compétences multiples, idéal pour mener une aventure tech,. On peut garder les talents sur le territoire, et même en attirer en leur promettant un équilibre entre boulot passionnant et qualité de vie. On réussit même à faire venir des étrangers, dont des Américains.» Ultime pied de nez aux sceptiques, « l’éloignement de nos débuts nous a appris à traiter les clients à distance, à être efficaces malgré cette distance. C’est devenu une force. »

Enfant, fan de lego de construction, Matthieu se rêvait « architecte, inventeur ou PDG, pour innover, imaginer, concevoir, et avoir une certaine forme de liberté. » Gagné.

Locaux de Klaxoon à Rennes
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